Octobre Rose : La prévention passe aussi par le travail

À l’occasion d’Octobre Rose, le SSTI 33 s'engage dans la lutte contre le cancer de sein et rappelle l’importance de la prévention et du dépistage.

Chaque année, Octobre Rose est l’occasion de rappeler l’importance de la prévention et du dépistage du cancer du sein. Mais c’est aussi l’occasion de s’intéresser à certains facteurs de risque pouvant être liés au travail, notamment au travail de nuit et à ses effets sur la santé. 

Travail de nuit : quels effets sur la santé ? 

Travailler lorsque notre organisme est normalement programmé pour dormir perturbe notre rythme circadien, véritable horloge biologique qui régule notamment le sommeil, l’éveil et différentes fonctions physiologiques. 

Au-delà de ses effets bien connus sur le sommeil et la fatigue, le travail de nuit fait également l’objet de recherches concernant le risque de cancer. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) le classe comme « probablement cancérogène pour l’être humain » (groupe 2A) en raison notamment d'éléments scientifiques suggérant une association avec certains cancers, dont le cancer du sein. Toutefois, les connaissances actuelles ne permettent pas d'établir avec certitude un lien de causalité direct. 

Ces données soulignent néanmoins à intégrer pleinement le travail de nuit dans la démarche de prévention des entreprises, notamment lorsque l’exposition est régulière ou prolongée. 

Comment agir en entreprise ? 

Lorsque le recours au travail de nuit est indispensable à l'activité, plusieurs mesures peuvent contribuer à réduire ses effets sur la santé : 

  • Organiser les horaires et les rotations de manière adaptée ; 
  • Limiter les expositions prolongées au travail de nuit ; 
  • Favoriser des temps de récupération suffisants ; 
  • Informer et sensibiliser les salariés aux risques associés ; 
  • Prendre en compte les situations individuelles et les éventuelles vulnérabilités. 

Le suivi en santé au travail constitue également un temps privilégié pour échanger sur les effets des horaires atypiques et adapter, si nécessaire, les conseils et le suivi médical. 

Employeurs et salariés peuvent se rapprocher de leur équipe de santé au travail pour être accompagnés dans cette démarche. 

Octobre Rose : prévention et dépistage restent essentiels 

En France, le cancer du sein reste le cancer le plus fréquent chez la femme, avec plus de 61 000 nouveaux cas estimés en 2023. Détecté précocement, le cancer du sein se traite généralement plus efficacement et avec des traitements souvent moins lourds. Aujourd'hui, environ 60 % des cancers du sein sont diagnostiqués à un stade précoce.

Le programme national de dépistage organisé s'adresse aux femmes de 50 à 74 ans, sans symptôme ni facteur de risque particulier, avec une mammographie et un examen clinique des seins proposés tous les deux ans. Pour les femmes présentant un risque particulier, le suivi est adapté individuellement avec les professionnels de santé. 

Octobre Rose est l'occasion de rappeler que la prévention, le dépistage précoce et l'amélioration des conditions de travail contribuent ensemble à préserver la santé des salariés 

 

SOURCES :  
INRS – Travail en horaires atypiques : effets sur la santé 
INRS – Travail en horaires atypiques : prévention 
CIRC/IARC – Night Shift Work, Monographs Volume 124 
https://inpes.santepubliquefrance.fr/cancer-du-sein/donnees